Le week-end dernier, je ne savais pas quoi faire. J’étais invité à cette bar mitsva qui ne me disait rien qui vaille, j’étais en rade d’enveloppe et encore plus de thune, sans compter que j’ai désormais franchi ce stade où plus aucune fille ne me croit lorsque je lui annonce que je n’ai « que » 14 ans. Tant pis donc pour le petit Yoni, le fils de mon banquier à qui je donne des cours du soir de géographie dans le but de récupérer mon chéquier et ma carte bleue, je lui ai préféré La vérité si je mens 3.
A peine arrivé, j’ai eu l’impression que la bar mitsva de Yoni s’était délocalisée dans mon ugc de proximité. Ça dansait le mayim mayim un peu partout et il y avait du verre cassé sur le sol. Etrange. A la caisse, même style d’embrouille, le ticket pour La vérité… coûtait un bras : « 19€80 la place ? à ce prix-là Richard Anconina est en 3D, vous offrez une coupe de champagne, les pop-corns sont casher ou j’ai un rendez-vous avec un dentiste après la séance ? » En même temps le mec essayait de me vendre une assurance mais je m’en étais plutôt bien sorti : mon prépuce était toujours intact. Tout juste entré dans ma salle, c’était la synagogue Elie Dray, les mecs essayaient de soulever les sièges avec leurs mômes assis dessus, le public avait été semble-t-il chauffé à blanc par les publicités HSBC. J'ai pris part à l’audience, hurlant des « yallah » pour éviter de faire désordre.

Le film est pas difficile à suivre, normalement tu pigeras la combine tout seul comme un grand. D’aucuns diront qu’il est impossible d’entuber la Chine, surtout dans leur second secteur d'activité de prédilection après le riz : les baskets. Pas faux. Les scénaristes ont même pensé à la gent féminine : les héros font fortune grâce à un site de vente en ligne, le genre de trottoirs html sur lesquels ces dames aiment bien traîner.
A la fin de la projection, Yoni a débarqué sur l’estrade, Max Boublil avait même fait le déplacement pour l’animation. Plus de doute : l’ugc avait bien été privatisé pour la bar mitsva. Pour me casser, j’ai été contraint de manger du jambon casher et de lui refiler une enveloppe. Moralité : ce genre de merde ne me serait jamais arrivé au Pathé.
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Fous au moins un pseudo, les anonymes ça nous pète les yeukous.